D'immenses fortunes émergent[78], sans se réinvestir dans l'industrie : malgré l'enrichissement des Irlandais de Nantes, l'arrière-pays reste sous-développé. De plus, les négriers refusent de faire crédit à Cuba et dans les Antilles françaises, réduisant les flux vers cette destination. L'or sera à payer les mercenaires de la Guerre de reconquête de la péninsule ibérique, enfin terminée en janvier 1492, quand tombe le dernier bastion musulman à Grenade. Les traces écrites montrent une résistance, aux Pays-Bas et en Angleterre, aux idées esclavagistes jusqu'aux années 1640, période où ces nations basculent vers l'esclavagisme. Au Royaume-Uni, c'est dans le sillage du renouveau religieux impulsé par le fondateur du méthodisme, le prédicateur John Wesley que le mouvement antiesclavagiste prit une ampleur déterminante : dès 1774, la publication par Wesley de ses Thoughts on Slavery, encouragea les pasteurs méthodistes à réclamer avec force dans leurs sermons la disparition de la traite[75]. Lors du colloque de cinq jours organisé par l'UNESCO 1978 à Haïti[25],[14], consacré à la traite négrière, les participants ont estimé le nombre des esclaves partis d'Afrique à 15,4 millions pour la traite atlantique 4 millions pour la traite dans l'océan Indien et 10 millions pour la traite transaharienne et la traite par la mer Rouge[25], dont moins 6 millions pour la période de 1451 à 1870[14]. En 1641, le roi Garcia II du Congo, après la conquête de plusieurs possessions portugaises, proches de son royaume, par les Hollandais, se déclare disposé à continuer à commercer comme avec les Portugais, mais refuse la vente de Noirs, car ce sont, dit-il, « ni de l'or, ni du drap, mais des créatures ». On parle de 12 à 14 Millions de personnes. ( Déconnexion /  En revanche, elle était orientée plus vers la satisfaction des besoins domestiques que vers le travail productif[4]. Les cycles de la traite occidentale Les débuts : les portugais s'arriment à la traite orientale. et Marie Pierre Ballarin (dir. Depuis 1764, le Sugar Act anglais, une fiscalité alourdie sur le sucre favorise encore plus l'essor des plantations rivales de Saint-Domingue. La traite atlantique concerne d'abord des esclaves nés en captivité au Portugal ou en Espagne[34] et elle ne deviendra significative qu'à partir des années 1580, en Angola, secteur d'où viendront trois-quarts du total des captifs déportés par les Portugais, quand ils entreprennent la conquête du cours du fleuve Kwenza, à une époque où les flux de métaux précieux issus du Potosi, au Pérou, connaissent un tassement, avant de remonter au milieu des années 1590. nés en captivité au Portugal ou en Espagne. « Traire » suggère une rencontre dans laquelle une entité prend quelque chose désiré à une autre entité. Les historiens ont apporté des contrepoids aux thèses légitimant la traite occidentale par l'existence d'un esclavage africain[99]. Rien n'est moins sûr. Après 1712, entre 14 et 20 % des effectifs embarqués décèdent. Contrairement à une idée reçue, la traite orientale ne touchait pas davantage les femmes que les hommes et n'était pas particulièrement à finalité sexuelle[24]. Ces trois pays n'aboliront respectivement l'esclavage qu'en 1833, 1865 et 1848[105]. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. C’est que, depuis la loi Taubira de 2001 (votée à l’unanimité ! Les esclaves des anciennes colonies de la côte atlantique sont déplacés, depuis le port de Norfolk jusqu'à La Nouvelle-Orléans puis vendus aux propriétaires de l'Ouest. Après 1835, on ne dénombre plus que 20 navires français à s'être livrés à la traite. Cet aller-retour direct entre la métropole et la colonie est moins risqué car évitant le détour par l'Afrique. Nouvelle plante exotique dont les Européens raffolent : il pousse donc ses sujets à « s’engager » aux Ant… Ils demeurent des objets marginalisés dans l’histoire coloniale. Quelques questions sur ce thème ... - Q1: Qu'appelle-t-on la traite négrière ? D'autres groupes ethniques en étaient aussi victimes, notamment des Européens, mais dans des proportions moindres. Comme l'écrit Lamartine dans L'Histoire des Girondins ce crime en masse, cet abrutissement systématique avait ses théoriciens et ses apologistes La traité négrière était alors présentée comme une nécessité agricole et économique. L'Espagne ignorait le commerce triangulaire. Ces nombreux registres et liasses de documents occupent l'équivalent de 400 mètres linéaires sur des étagères ». De 1485 à 1877, les Européens ont tenté de remonter le fleuve Congo, souvent sans succès, à commencer par les caravelles portugaises. À partir de 1784, les « acquis de Guinée » exonérant le commerce triangulaire sont remplacés par une subvention directe, majorée pour les voyages vers le sud de Saint-Domingue, Tobago, Sainte-Lucie, Martinique et la Guadeloupe[70]. « Si l'association qui se forme peut avoir allez de crédit pour faire fermer les ports de ces mêmes colonies aux étrangers, elle rendra un grand service à la Nation, ranimera son émulation, et procurera en conséquence un grand avantage à l'État », affirme l'article[71]. Elle est née en 1578 et est pratiquée par les Européens. En 2005, Patrick Manning publie Migration in World History, reprenant ses travaux sur l'histoire mondiale[22], dont deux chapitres entiers traitent de la dispersion de l’humanité à partir de l’Afrique sur très longue durée[22], puis en 2009 une étude de la « diaspora africaine », cette fois resserrée à une période qui ne débute qu’en 1400[22], qu'il décrit comme un ensemble de communautés en provenance d’Afrique subsaharienne, sur le continent comme ailleurs sur la planète[22], et qu'il segmente en plusieurs « régions »[22], en développant le concept de « maillage africain », réseau d’intercommunications locales permettant l’échange culturel[22]. La troisième raison est la dureté du travail à bord: il faut nettoyer les esclaves pour éviter qu'il ne tombent malade, les faire monter sur le pont pour les travaux ou des exercices permettant de faire circuler le sang[72], par l’exercice physique de la danse forcée[63], ce qui expose aux tentatives de mutinerie. Du côté africain, la traite a représenté un moyen important d'enrichissement pour les élites en place[145]. Voici la première partie du chapitre sur les traites négrières et l’esclavage consacrée essentiellement à la traite atlantique.. Les Portugais s’employaient surtout à acquérir l’or africain expédié en métropole[44], mais l'Angola ne fut repris par Lisbonne, en 1648, que grâce au soutien des colons sud-américains[44]. Ces rivalités sont exacerbées par la Guerre de Trente Ans (1618-1648), menées par des armées de mercenaires, ce qui provoque une poussée de la demande en métaux précieux: des batailles opposent les Hollandais aux Espagnols et Portugais sur les 4 continents. Si les guerres ont pû constituer une offre de prisonniers à utiliser, l'ampleur d'une demande spécifique à l'Afrique et les principaux travaux auxquels ces esclaves "internes à l'Afrique" ont été affectés sont rarement identifiés clairement. Les négriers anglais et américains sont nombreux à changer de localisation, pour éviter la répression de la traite. Or, selon l'historien danois Per Hernaes[126], « on peut estimer aujourd'hui à environ 85 000 le nombre total d'esclaves transportés sur des navires danois entre 1660 et 1806 ». Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter: Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Le phénomène de la traite négrière s’inscrit à la fois dans l’histoire longue de l’esclavage et dans celle du développement du commerce maritime international. En juin 2005, un an après le prix accordé par le Sénat à la thèse de Olivier Pétré-Grenouilleau, l'"Affaire Olivier Grenouilleau" a défrayé la chronique médiatique après un entretien d'Olivier Grenouilleau accordé au Journal du dimanche du 12 juin 2005 accusant la Loi Taubira classant l'esclavage comme un crime contre l'humanité d'être responsable des déclarations antisémites de Dieudonné et les descendants d'esclaves d'être peut-être des descendants de négriers. Leur influence amène l'Angleterre puis la France à approvisionner en esclaves l'Espagne à qui le traité de Tordesillas interdit l'accès aux côtes d'Afrique. Malgré l’abolition par plusieurs pays, celle-ci continua de perdurer. La mémoire a constitué un espace de résistance contre un récit historique qui … Ces trafics ont des motivations très corrélées aux métaux précieux, dans les périodes où ils manquent. Ce taux revient dans les années 1720 à 13,9 %, mais cette diminution n'est pas confirmée de 1731 à 1743, malgré la fin d'une phase d’expérimentation longue. En 1526, Affonso, roi du Congo, écrit au Portugal pour se plaindre du fait qu'« il y a beaucoup de commerçants dans tous les coins du royaume. En raison des risques militaires, des maladies et des difficultés de navigation, les Européens avaient jusque-là, dans la majorité des cas, évité de pénétrer l’intérieur des terres avant le XIXe siècle, même si les portugais ont fait des razzias à l'intérieur de l'Angola dès 1583. L'État français coopère mais une large partie des milieux d'affaires français accuse l'Angleterre de vouloir simplement ruiner la France et juge que la traite est un acte patriotique, contribuant à la richesse de la France. … Le chiffre de dix millions s'étend sur la période comprise entre 850 et 1910 mais certains historiens le trouvent ce excessif[14], hypothèse jugée plausible par l'historien nigérian Joseph E. Inikori, qui rédige le compte-rendu du colloque, mais pouvant selon lui « compenser peut-être dans une certaine mesure le chiffre trop modeste avancé pour la traite transatlantique »[14], signe que les experts ne conçoivent pas alors les traites comme se dissociant mais se complétant[14]. Ils ont exploité les biens de l’Afrique en laissant derrière eux la ruine et les débris végétaux.  La traite a fait de l’Amérique ce quelle est aujourd’hui, une puissance mondiale. "La violence sur les navires négriers dans la phase de décollage de la traite nantaise (1697-1743)" par Ainsi à Nantes, premier port négrier en France (43 % des expéditions négrières françaises, représentant un peu plus d’un dixième de l'activité maritime nantaise), l'armement négrier n'a jamais excédé 22 % de l'armement total[62]. Lors des tempêtes, « des filins étaient accrochés temporairement afin de permettre aux malheureux ballottés de s’accrocher » et la « recherche de remplissage aboutissait à créer une geôle obscure, avec de réels problèmes d’aération », selon l'historien Guy Saupin. Le colloque est suivi par le lancement en 1994 par l'UNESCO d'un programme consacré à la traite transatlantique et il est décidé d'accentuer les recherches sur les traites de l'Océan Indien, jugées moins bien étudiées que celles de l'Océan Atlantique[14]. Nantes, Bordeaux, Le Havre et La Rochelle[79] deviennent à la fin du XVIIIe siècle les principaux ports français pratiquant le commerce triangulaire français. Au Brésil, la délocalisation du pouvoir politique et financier vers le sud facilita le développement de la production de café dans le sud-est. Nous pouvons conclure que la traite a été néfaste pour l’Afrique. Vous ne retrouvez pas votre thème? Quant à l'historien Serge Daget, voici ses estimations en 1990 : En 1982, Joseph Inikori[128] estime à 15 400 000 le nombre de déportés par la traite atlantique, tandis que Paul Lovejoy (en) proposait 11 698 000[129] déportés (pour 9 778 500 débarqués) ; chiffre qu'il portera à 11 863 000 en 1989[130]. Desservie par des voies fluviales et des chemins, la région hébergeait entre 1 000 et 1 500 habitants portugais et lusobrésiliens au XVIIe siècle, dont une part de soldats[44], sans compter leurs alliés, les guerriers "jagas" et Mubiré[44], ce qui en fait le peuplement européen le plus massif en Afrique pour deux siècles[44]. Des milliers de ses vassaux ont été tués... d'innombrables esclaves ont été capturés... »[45], au début de ce que la géographe et historienne Marie-Louise Maes a appelé « une Guerre de Cent Ans qui a duré trois siècles, avec les armes de la Guerre de Trente Ans »[25], causant une chute démographique du même impact que ce qu'avait connu la France pendant la Guerre de Cent Ans[45]. Les Portugais n'ont pas concentré leurs forts uniquement à hauteur des mines d'or du Guana mais aussi sur les régions côtières du Royaume du Kongo, de Loango, de Kakongo et de Ngoyo, reléguant les voies terrestres au second plan. La comparaison entre traites est surtout venue lors de la couverture médiatique du livre d'Olivier Grenouilleau en 2004, qui reprend des projections de Patrick Manning, estimant à 14 millions le nombre de victimes de la traite intra-africaine[97], soit la moitié des captifs exportés par les traites occidentales et orientales[86]. Appart le Blogging RCAK est très engagé auprès des OSC pour l'équité, la justice et la défense des droits de l'Homme et des Peuples. En 1739-40, ceux-ci obligent le gouverneur britannique Edward Trelawny a signé un traité avec eux, promettant des terres et l'autonomie, en échange de leur engagement à ne plus aider les esclaves en fuite. Pourtant, il est certain que cette traite s’est passée dans une relation loin d’être égale[13]. Pour Catherine Coquery-Vidrovitch, ces « chiffres globaux n'ont pas grand sens puisqu'ils recouvrent des durées très inégales : la traite musulmane, qui a commencé au IXe siècle s'est prolongée jusqu'au début du XXe. Prenant de la main d'œuvre en Afrique et la transportant jusque dans les plantations américaines, les européens, sans morale, considéraient les esclaves noirs comme de la … Ces chiffres sont ensuite contestés par de nouveaux ouvrages, comme le livre de Philip Curtin (en) en 1969[19] proposant de « nouveaux » chiffres[14], mais lui-même contesté pour ne se référer à aucune source nouvelle[14]. Ressources Documentaires (XVIe-XXe siècle), La Rochelle, Université de La Rochelle p. Changer ). D'autres rois africains ont refusé de vendre des captifs aux négriers européens au XVIe siècle, comme « le roi du Rio Sanguin[40] et ces refus seront constatés aussi au siècle suivant, au royaume du Kongo en 1641, où le roi Garcia II, continue à commercer avec les Portugais, mais refuse la vente d'esclaves, car ce sont, dit-il, « ni de l'or, ni du drap, mais des créatures »[41]. Ces dernières vont prendre l'habitude d'importer plutôt de la mélasse des îles françaises. L’Angleterre prit ainsi la tête des courants abolitionnistes mondiaux après avoir maîtrisé le trafic négrier pendant plus de deux siècles[121]. Un homme d'origine plus modeste, comme Henry Morgan, s'y fait une place grâce à son statut de chef des pirates de la Caraïbe au début des années 1670. L’historien Joseph Miller a donc appelé les années 1500-1800 la période « en extraction » de l’histoire de la traite des Noirs[12]. La destination "Amérique du Nord", elle, reste modeste, les plantations de riz ayant un taux de mortalité moins fort que celle de sucre. Un article de janvier 2007 dans Jeune Afrique[137] a rappelé que bon nombre de tensions locales à dimension mémorielle qui ont perduré jusqu'à l'Afrique du XXIe siècle, notamment les images de la guerre qui dévaste à partir de février 2003 le Darfour, avec des villages encerclés par des cavaliers en armes, des cases brûlées, des femmes et enfants enlevés, comme dans les razzias qui subies par cette partie de l’Afrique à l'époque des négriers[137]. Ce fut le cas aussi des princes des États voisins de celui du sultan du Bornou (Kanem, Wadaï, Baguirmi et Sokoto), sur les terres du futur Nigéria. La traite orientale ou arabe-musulmane utilisait les voies commerciales des empires arabe puis ottoman : traversée du Sahara, de la Méditerranée, de la mer Noire, de la mer Rouge. La traite négrière, l’esclavage et leurs abolitions : mémoire et histoire 12 Par conséquent, alors que je m’effacerai sur les thèmes exposés par mes collègues, La traite intra-africaine concerne les esclaves africains qui restent en Afrique. Henri Médard (dir. Le Brésil achète ses esclaves avec l'or du Minas Gerais, en expansion dès 1740, recyclé pour acheter des tissus indiens dans les années 1780[70]. Lors d'un colloque sur La tradition orale et la traite négrière[138], il a été présenté que la traite négrière a été dévastatrice pour l'Afrique, à la fois socialement et économiquement. En revanche, de 1792 à 1860, 720 000 Noirs sont introduits par les réfugiés français de Saint-Domingue à Cuba[77], alors que l'esclavage disparaît à Saint-Domingue et à la Jamaïque. Seyyid Said possédait 45 plantations, dont une regroupant 6 000 à 7 000 esclaves[14]. Malgré les sources écrites beaucoup plus significatives du XIXe siècle, les auteurs les plus engagés dans la mise en avant de la traite intérieure africaine, comme Olivier Grenouilleau[85], reconnaissent que le débat sur l'impact des différentes traites pour l'Afrique noire, ne recevra sans doute jamais de réponses claires[85] et que l'estimation de Ralph Austen, 17 millions d'esclaves sur onze siècles, est sujette à une marge d'erreur exceptionnellement élevée, de plus ou moins 25 %[85]. Du coup, le prix des esclaves flamba et un marché interne se développa pour déplacer cette main d´œuvre du Nordeste[123]. Changer ), Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. La maison « Mason and Bourne », de Liverpool, recourt à des pavillons français[70], tout comme les armateurs du Rhode Island. Dans "The Atlantic Slave Trade: A Census", il critique le fait que le chiffre de 20 millions de déportés soit une extrapolation à partir de dossiers désormais perdus concernant la Jamaïque[20]. Une forte hausse des prix des esclaves va au contraire anticiper, dans les années 1850, l'abolition de l'esclavage aux États-Unis[70], à une époque où il est difficile de s'en procurer, le Brésil monopolisant le commerce illégal, et où leur accès aux soins s'améliore, aidé par le fait que la proportion de mulâtres parmi les esclaves des États-Unis d'Amérique va atteindre 10,4% en 1860. Ce sont les Africains noirs qui vont être les victimes. Mais à partir du XVIe siècle, les européens (français et anglais surtout) se mettent à pratiquer cette traite pour les colonies d’Amérique. Avertissez-moi par e-mail des nouveaux commentaires. Trois nouveaux états esclavagistes sont fondés dans les années 1810 : Alabama, Mississippi et Louisiane. Par ailleurs, des inscriptions javanaises et des textes arabes montrent qu'aux IXe et Xe siècles, l'Indonésie entretenait des échanges commerciaux avec l'océan Indien et la côte Est de l'Afrique. La Nouvelle-Angleterre livre les plantations françaises en poisson séché et en importe discrêtement de la mélasse pour ses fabriques de rhum. Mais ne pouvant le supprimer, elle cherche ensuite à améliorer les conditions par une action auprès des esclaves (Sœur Javouhey, Pierre Claver, Montalembert). Parallèlement, de vastes espaces se sont dépeuplés, comme la partie orientale de la Centrafrique, dévastée par les razzias du chef de guerre africain Rabah, tué par des soldats français en 1900[137]. Les premiers esclaves africains arrivent à Cuba dès 1513. Les Européens ont ensuite construit des « forts de traite » sur le littoral, pour emprisonner les captifs qui leur étaient vendus au fil de l'eau, en attendant qu'ils soient assez nombreux pour qu'un navire vienne les chercher. Sur le navire bordé de filets pour les suicidaires[63] règnent nudité[63], marquage au fer rouge, entassement à demi courbé 16 heures par jour[63], enchaînement en duo, au milieu des rats et de la vermine[73], travaux de nettoyage forcés, supplices des meneurs (pendaison, décapitation, dépeçage, noyade à vif)[63], qui s'ajoutent au gavage des grévistes de la faim à l’ouvre-bouche métallique[63]. A travers les mémoires de l’armateur nantais Joseph Mosneron, L’Or Noir revient sur l’histoire de la traite négrière. La Société pour l’abolition de la traite négrière (Society for the Extinction of the Slave Trade), influencée par les initiatives des quakers anglais et nord-américains, provoqua en 1788 une enquête du Conseil privé de la Couronne[121], qui amena le Parlement à voter en 1807 l’interdiction de la traite négrière. Le marché aux esclaves à Zanzibar (dessin d'Émile Bayard). , cité par T. Diakité, La traite..., p. 162). Les armateurs qui fixent les consignes cherchaient d'abord à limiter les décès en raccourcissant le plus possible le temps passé à bord, mais sans forcément y parvenir. Changer ), Vous commentez à l’aide de votre compte Google. La traite des Noirs est abolie par le Royaume-Uni en 1807, les États-Unis en 1808, et en France, par le décret du 29 mars 1815[104], quand Napoléon revient au pouvoir lors des Cent-Jours, confirmé par la suite par l'ordonnance royale du 8 janvier 1817 et la loi du 15 avril 1818. Les historiens estiment que le professeur Philip Curtin a sous-estimé le nombre d'esclaves importés aux États-Unis, plus que pour les autres territoires et constatent une chute des prix des esclaves en 1823, quand les abolitionnistes en Angleterre obtiennent une repression plus dure de la traite, dans le sillage du Scandale de l'île d'Amelia de l'automne 1817, qui voit l'armée de négriers de Louis-Michel Aury investir une île espagnole. Elle dénonce aussi les médias qui font de Dieudonné le « porte-parole des Noirs de France, par ignorance ou par recherche de sensationnalisme », contribuant « à transformer un épiphénomène en tragédie sociale »[69]. Cette traite porte le nom de traite atlantique. Sans les restrictions aux traites négrières, ce volume aurait au contraire doublé en trente ans, selon l'historien David Eltis, professeur à l'Université Emory, vu le boom des surfaces plantées en coton aux États-Unis. Le terme « traites négrières », ou « traite des nègres » ou « traite des noirs », désigne le commerce d'esclaves dont ont été victimes, par millions, les populations de l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique centrale et l'Afrique australe durant plusieurs siècles[1].